Montpellier
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Avec le Covid, des habitudes de mobilité profondément bouleversées

5 Octobre 2020

D’après une récente enquête de l’Institut pour la Transition Énergétique Vedecom, la situation sanitaire va relancer le marché de la voiture individuelle et booster la mobilité en location. À Montpellier, la métropole lance la gratuité de son réseau en transport en commun pour les résidents, d’abord le week-end.
 

Dégradation de la qualité de l’air dans les métropoles, épidémie de Covid, nouvelles mobilités : le paysage des déplacements urbains connaît des mutations profondes. Réalisée auprès d’un panel d’usagers et d’experts en mobilité sur leurs habitudes de déplacement, l'Institut pour la Transition Énergétique (ITE) Vedecom* dévoile à ce sujet les résultats édifiants de son enquête d’opinion « Le Covid-19 et la mobilité ». Pour une très large majorité des experts de la mobilité interrogés (constructeurs, équipementiers, assureurs, start-up mobilité, gestionnaires, offreurs de service, etc.) soit 75 %, la situation sanitaire va « durablement modifier » les habitudes de déplacement de la population. 62 % pensent que cette crise va relancer le marché de la voiture individuelle. En parallèle, 75 % estiment que le marché de la mobilité en location, de type deux roues motorisés, vélos ou trottinettes en libre-service, va se développer mais avec une accélération de la réduction des solutions de mobilité partagée présentes sur le marché.
En effet, 68 % des experts indiquent qu’il faut s'attendre à une réduction du nombre d'acteurs du covoiturage et de l’autopartage au profit de la voiture individuelle ces prochains mois. Pour 72 % d’entre eux, le Covid-19 représente un levier d’innovation pour la mobilité en général et 77 % pour les transports en commun.

Côté usagers, des contraintes horaires mieux acceptées

Côté usagers, pour des raisons sanitaires, 60 % des personnes interrogées accepteraient que l'on impose des contraintes horaires pour les déplacements domicile-activité afin de limiter le nombre de personnes sur la route ou dans les transports en commun. L’acceptation des contraintes est encore élevée (46 %), lorsqu’il s’agit d’imposer des modes de déplacement (transport en commun, vélo, marche à pied) pour ce même type de trajet.

Durant le confinement, 72% des personnes interrogées ont trouvé le télétravail agréable. Mais seulement 30 % des salariés en télétravail pendant le confinement se sentent capables de continuer à exercer sous cette forme à 100 % en période normale.

Montpellier expérimente la gratuité des transports en commun

Montpellier, Martigues, Lille, Narbonne, Bourges, Millau, Paris… En tout, 18 collectivités françaises comptent expérimenter, lors du mandat qui s'ouvre, la gratuité (d'abord partielle) de leur réseau de transport en commun. Des mesures dont l'annonce a même marqué le lancement de campagne des futurs candidats victorieux aux élections municipales, à Paris et à Montpellier, où le nouveau maire, Michaël Delafosse (PS), vise la gratuité totale, pour les résidents de la métropole, à mi-mandat, en 2023. L’évolution se fait progressivement. La métropole de Montpellier a ainsi lancé le 5 septembre la gratuité de son réseau pour ses habitants le week-end. Les élus procèdent par petites touches, « selon divers critères : tranche d'âge, week-end, réservé aux habitants… », observe Maxime Huré, président du comité scientifique de l'Observatoire des villes du transport gratuit. En effet, l'épidémie de Covid-19 provoque une nette baisse de fréquentation des réseaux (environ 50 %), avec le développement du télétravail et d'autres formes de mobilité, dont le vélo. Ce qui fait baisser mécaniquement les recettes et brouille les perspectives.

Un plan global de mobilités propres

« La gratuité des transports, c’est un moyen d'améliorer la qualité de l'air, de réduire les bouchons et de renforcer l'attractivité des commerces de proximité. Cette mesure s'intègre dans un plan global de mobilités propres, avec le partage de la voirie pour les vélos et la mise en place de bus en site propre », martèle Michaël Delafosse.

Une mesure qui a un coût : 24 M€ par an, sur 39 M€ de recettes commerciales par an pour l’opérateur TaM. « Montpellier va devenir la plus grande ville de France à adopter la gratuité des transports, souligne Maxime Huré. Rouen, Clermont-Ferrand, Nancy ou Grenoble, qui n'ont pas encore tranché, vont regarder de près cette expérimentation à grande échelle. » D'après l'expert, la gratuité a plusieurs effets bénéfiques : bonnes habitudes prises par les jeunes, décloisonnement de certains quartiers, gain de pouvoir d'achat.
 

*Fondation partenariale publique-privée de l’Université de Versailles Saint Quentin dédiée aux mobilités innovantes et durables.