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Faut-il créer une agence de développement économique ?

25 Juin 2020

Faut-il creer une agence de developpement economiq...

Le sujet a alimenté les propositions économiques des principaux candidats à l’élection municipale de Montpellier.


OnlyLyon, Invest in Reims, Openîmes, Toulouseatout… Les métropoles et grandes agglomérations ont quasiment toutes une agence de développement économique. La métropole de Montpellier présente la particularité de ne pas en disposer, alors que les enjeux (ressources RH disponibles sur le territoire, foncier d’activité…), sont lourds. Les candidats aux municipales souhaitent créer cet outil d’attractivité du territoire. Michaël Delafosse (PS-EELV) promet « qu’une personnalité de la société civile en assumera la responsabilité », indique-t-il. Philippe Saurel (DVG), maire sortant, préconise une agence « extérieure à la Métropole, donc à la politique. Cette agence intégrera les intercommunalités voisines ». Mohed Altrad (SE) vise l’objectif de « zéro chômeur longue durée », via une « agence de développement économique écoresponsable de la Métropole ».

La CPME 34 et le Medef Montpellier Hérault dessinent leur agence économique

Grégory Blanvillain, président de la CPME 34 

« Peu importe que l’entreprise s’installe dans le Pays de l’Or, le Bassin de Thau ou la Métropole de Montpellier »
« Il faut créer une agence de développement économique au-delà même des frontières de la Métropole. Un premier périmètre devrait être étudié de Nîmes à Sète, du littoral au Pic Saint-Loup », explique Grégory Blanvillain, président de la CPME 34. Cette zone pourrait ensuite être élargie « d’Alès à Narbonne, du littoral au Viaduc de Millau, pour vendre en Europe un territoire au sein de la région Occitanie. L’économie, l’urbanisme, les équilibres commerciaux, l’attractivité, l’emploi, le tourisme, le sport, la culture, l’artisanat, l’agriculture, la mobilité, l’innovation…. n’ont pas de frontière administrative. Cette agence doit permettre de sortir des enjeux politiques de personnes. »

Et de citer l’exemple des congrès internationaux. « Notre concurrence n’est pas entre le Corum, le Parc des expositions, le palais des congrès de La Grande-Motte ou celui du Cap-d’Agde. Notre concurrence s’appelle Barcelone, Toulouse (bientôt doté du Meett, NDLR), Bordeaux, Marseille, Nice, Lyon…. Il faut vendre tous ensemble nos atouts à l’extérieur. »

Une réflexion entre territoires doit permettre, d’après lui, de traiter les mêmes sujets, de façon plus efficiente : écologie, gestion des déchets, infrastructures…, pour mieux attirer des entreprises et relocaliser des industries sur le territoire. « Peu importe que l’entreprise s’installe au Pays de l’Or, sur le Bassin de Thau ou dans la Métropole de Montpellier », insiste-t-il. L’emploi généré et les retombées économiques profiteront à tout le territoire. Mettre tous les acteurs au sein d’une grande instance non politisée permettrait de replacer l’intérêt général au cœur de chaque décision. Ce n’est qu’unis sur un territoire que l’on peut aller chercher des financement État / Europe pour monter de grands projets. »
 

La gouvernance doit être « portée par des personnes de la société civile, justement pour garantir la non politisation des enjeux. On devrait y retrouver l’ensemble des collectivités (Intercommunalités, Département, Région) et des acteurs économiques (chambres consulaires, syndicats inter pro et branches) ainsi que les grands acteurs comme les aéroports, les transports publics, pourquoi pas des représentants de quelques entreprises ou acteurs (clubs sportifs, festival culturel…) qui font rayonner Montpellier dans le monde », conclut-il. La future agence - qui devrait donc voir le jour, puisque les trois candidats la proposent dans leurs programmes - devra « travailler dans la transparence et la concertation, émettre des avis sur chaque collectivité pour leur donner des recommandations et mettre en place des projets collectifs, que ce soit de promotion, d’investissements en infrastructures, en attractivité commerciale et touristique, en accompagnement de la transition écologique sociale et numérique… »

Samuel Hervé, président du Medef Montpellier Hérault
« Une agence indépendante, qui sera force de proposition pour les intercommunalités »

« Il faut créer une marque territoriale, et s’assurer qu’elle soit identifiée, avec l’émergence de marqueurs forts et visibles, à l’échelle nationale et internationale. Mais la question du naming n’est pas primordiale. Ce qui compte, ce qu’on veut faire, comment et avec qui.

Attention à ne pas multiplier les marqueurs. Il n’en faut pas 10, mais seulement 2, 3 maximum ! Comme la santé, le tourisme et l’événementiel. Mieux vaut trois piliers forts, articulés autour d’un socle commun (formation, aménagement du territoire…). On ne peut pas faire plaisir à tout le monde.

L’échelle doit être plus large pour être attractive. L’agence de développement économique devra aller de Sète (port) au Pays de l’Or (aéroport) en passant par le Pic Saint-Loup et le Cœur d’Hérault (irrigation semi-rurale, zones moins tendues, avec plus de foncier disponible). Elle devra être dotée de commissions thématiques (dont le foncier d’activité), garantir une bonne intelligence entre EPCI, le Département de l’Hérault et la Région Occitanie.

Elle devra aussi avoir son budget propre, des effectifs dédiés et veiller à entretenir des relations saines avec les services de développement économique des EPCI déjà existants. Il s’agira d’être en synergie et non pas en concurrence. Quand on voit qu’il y a des tensions entre Ad’Occ et les services de développement économique de la Région Occitanie, ce point est à anticiper. D’autres questions-clé devront être levées : quels sont les financements, les budgets ?

J’appelle de mes vœux que le monde économique soit présent dans la gouvernance de cette agence, voire la pilote : organisations patronales, consulaires, organisations syndicales de salariés, économie sociale et solidaire… Toutes les composantes du monde économique devront être présentes, aux côtés du monde politique (dont la voix ne devra pas être majoritaire), et le monde universitaire et de la recherche. La présence de filières de formation et de R&D est indispensable.

L’agence devra faire coopérer les acteurs entre eux, coordonner, mettre du liant. La marque devra englober les sujets touristiques, pour éviter la couche d’offices de tourisme. A ce jour, c’est millefeuille illisible et concurrentiel.

Pour conclure, je suis favorable à la création d’une agence de développement économique. Cet outil manque. Mais il y a une condition : que les bases soient saines. Si c’est un outil de guerre et de compétition, cela ne fonctionnera pas. C’est la raison pour laquelle l’agence doit être indépendante politiquement, et doit être force de proposition pour les intercommunalités. Elle devra pouvoir mesurer l’impact des politiques des collectivités sur l’attractivité du territoire, et coordonner leur impact.
 

Notre tissu économique est composé de TPE PME. Comment penser une écologie incitative pour les entreprises ? C’est un vrai sujet. Il faudra s’assurer que les mesures écologiques soient acceptables pour le tissu économique qui est le nôtre. Enfin, en tant qu’entrepreneurs, et contributeurs au versement transport, nous devons avoir notre mot à dire sur les sujets de mobilité et d’infrastructures. »